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Ce qui suit est une version romancée et personnelle.
Elle est présenté dans la partie Grandeur nature car bien que non.
Apocalypse
- L’île - Les Pommes d'Or - La conquête - L'Age d'Or
Les navires quittent Thulé en proie aux flammes et à la destruction.
Parmi ces bateaux, un enfant regarde la fumée s’élever au-dessus de ce qui fut son village.
Ses frères et sœurs l’entourent, son père tient la barre, sa mère s’occupe des plus petits qui pleurent.
Il sait qu’il ne remettra plus jamais les pieds sur cette terre. Son père tente désespérément d’éloigner le bateau.
Là où était le village, il n’y a plus que cendres et lave. De la gueule du volcan s’échappent fumée et flammes, ce souffle infernal vient de détruire le village, mais déjà, le monstre s’affaiblit, des tremblements et des soubresauts le secouent, des failles apparaissent sur ces côtés et le sang rouge et brûlant coule sur ses versants.
L’océan semble vaincre le monstre et dans la bataille, des vagues énormes ébranlent les falaises qui s’effondrent.
Le reflux des éléments déchaînés entraîne les embarcations loin les unes des autres.
L’enfant n’a plus le temps de contempler le désastre derrière lui.
Il faut faire face au nouveau défi : tenter de rejoindre une nouvelle terre.
Il est hyperboréen, il a seize ans, il s’appelle Odin.
Il se rappellera longtemps de L'île D'Aseland sur laquelle il vient de passer dix ans.
Son père croyait avoir besoin de plusieurs semaines pour réparer les bateaux, mais d’autres sont arrivés, encore plus mal en point qu’eux.
Avec les survivants, ils ont réparé les bateaux, construit un nouveau village, une forge, une scierie.
Ces survivants sont essentiellement constitué d'enfant. Et ceux-ci vieillissent.
Seule la famille d’Odin vieillit plus lentement.
Il faut éduquer tous ces enfants à l’art de la guerre, il faut leur apprendre à se défendre contre les événements, en faire des adultes forts et fiers.
Il faut qu’il apprennent à provoquer leur destin.
Si, en arrivant, ce n’étaient que des « survivants » que des enfants, en repartant, ce sont des guerriers qui ont retrouvé une âme.
Il est un Ase, il a vingt six ans. Il s’appelle Odin.
Une autre embarcation a les pommes d’or.
Les Vanes apprennent à semer des champs, à attendre les récoltes.
Ils ont tout le temps. Ils ont les pommes d’Or.
Elle est Vane, elle a vingt ans, elle s’appelle Frigg.
Les Ases parcourent le monde, les Ases conquièrent le monde.
Ils sont tout puissants, ils sont mortels et les années passent.
Les Vanes découvrent le monde, ils découvrent la richesse, la profusion, la patience, ils ont les pommes d’or.
Les Ases et les Vanes s’affrontent. Les Ases sont guidés par le jeune Odin.
Frey attend. Ils feront face avec leurs propres armes, ils ont la profusion et le temps,
ce sont les Vanes, ils ont les pommes d’or.
Par trois fois, les compagnons d’Odin sont morts. Par trois fois, Odin a entraîné leurs enfants. Cette fois, il faut en finir, mais les murailles des Vanes sont toujours aussi hautes.
Leurs vergers sont toujours aussi riches et leurs visages toujours aussi jeunes. Il faut changer les choses.
Cesser ce combat stérile, sans vainqueur ni vaincu.
Odin quitte le champ de bataille, ses pas l’éloignent des tentes et du campement.
Il tombe sur une embarcation vieille de plusieurs générations aux couleurs de Thulé.
Quelle ironie ! Ce que les Ases souhaitent, cette éternité qu’ils recherchent, elle est à leur portée, dans le sang de leurs frères.
Dès le lendemain, Odin dépose sa lance dans la bataille et cesse le combat : l’union d’Odin et de Frigg scellera la paix retrouvée, réunira les Ases et les Vanes pour une ère de prospérité et de victoire.
Il s’appelle Odin, elle s’appelle Frigg, et depuis longtemps, ils n’ont plus d’âge.
Bor regarde Asgard. Il ne peut s’empêcher de revoir Thulé la Belle, le pommier entretenu avec passion par Idunn lui rappelle les vergers entiers qui couvraient les collines, le pain à table lui rappelle les greniers,
les banquets dont on ne voyait pas le bout des tables…
La démesure…
Chaque jour, les greniers étaient remplis de grain, chaque soir, les greniers étaient vidés de leur grain…
Mais Thulé n’est plus.
Pleut-il ? Il ne pleuvait jamais à Thulé. Ce sont des larmes qui ruissellent sur le visage de Bor…
« J’ai fui, puissent- mes enfants ne pas commettre les mêmes erreurs que moi… »
Maintenant, il est convaincu que c’est une erreur. A l’époque, c’était une solution… facile… et Thulé n’est plus.

Une fois de plus, il est parti à la chasse.
Au loin, un lièvre cours dans les collines.
Il bande son arc, et d’un geste assuré lâche la corde.
La flèche vole dans les airs, et s’abat sur sa proie.
Alors que ses pas le mène à son gibier, un cri déchire le ciel.
Un aigle majestueux fond sur le lièvre et l’emporte dans les nues.
« De quel droit, c’est à moi !» s‘écrit alors Odin.
Et plutôt que de renoncer à ce maigre gibier, il s’élance derrière son voleur.
Pendant plusieurs heures la course entre l’oiseau et l’homme égal.
Aucun des deux adversaires ne semble vouloir renoncer.
Enfin l’oiseau se pose sur un arbre majestueux.
Odin n’en a jamais vu de tel. Son tronc est aussi large qu’un drakkar.
Son houppier pourrait recouvrir un village entier. Son sommet se perd dans le nuage.
Ses racines noueuses s’enfoncent au plus de la terre.
A chaque pas qu’Odin fait vers l’arbre celui semble plus grand encore.
Pourtant en haut se tient son bien.
Au pied de l’arbre se tient un serpent gigantesque.
« Tu ne peux le vaincre », fait une petite voix.
Dans la branche au-dessus d’Odin se tient un petit écureuil roux.
« Comment t’appelles-tu » demande le chasseur.
« Je m’appelle Ratatosk, répond le petit animal, et c’est mon arbre.
Mes serviteurs le gardent avec vigilance. En bas, celui qui rampe, en haut celui qui plane.
Ils veillent chacun sur leur domaine, mais chacun souhaiterait que je lui donne celui de l’autre.
Et toi qui es-tu ?»
« Je suis Rafnagud, et tel que tu me vois, je me fais fort de récupérer ce qui me revient de droit » dit l'Entêté.
Il emprisonne le serpent qui en échange de la liberté lui révèle que pour savoir, il faut s’offrir à soi-même.
Mais le serpent n’a pas de bras et jamais il n’aura accès a cette connaissance.
Il emprisonne l’aigle qui en échange de la liberté, lui révèle que pour savoir, il faut s’offrir à soi-même.
Mais l’aigle n’a pas de bras et jamais il n’aura accès a cette connaissance.
Il emprisonne l’écureuil qui en échange de la liberté lui apprend que ce qui vit est ce qui lutte.
Voilà pourquoi l’aigle et le serpent se combattent éternellement sans vainqueur ni vaincu.
Dans Yggdrasil, l’arbre cosmique, Odin trouvera la sagesse, dans l’arbre Odin connaîtra la souffrance.
Il s’offrira à soi-même et découvrira le neuvième jour le sens de toute chose le sens de runes.